INTEGRAAL-concept

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14 - Quatre modalités de l'esprit


 

«  Ce n'est pas le conseil jute qui libère, mais l'action qui se fonde sur lui » (Sri Nisargadatta Maharaj)

 

Dans les précédents articles introductifs et fondateurs, j’ai tenté d’expliquer quelles étaient les bases de la non-dualité dite « transcendante », rassemblées autour de « l’intégraal-concept ». A présent, je vais entrer plus précisément dans l’aspect pratique du sujet avec quelques articles dédiés à la pratique quotidienne. Comme vous allez le constater, cette pratique est relativement simple à cerner car il suffit de quelques outils, certes puissants. La principale difficulté vient de la mise en œuvre de ces outils de façon correcte et persévérante, pendant des années, mettant constamment au défi notre volonté de s’éveiller réellement plutôt que rester endormi. (voir caractéristique N°10).

 

Les 5 principes et 10 caractéristiques de l’intégraal-concept représentent l’environnement philosophique, l’esprit, la « toile de fond » de cette pratique quotidienne. Il est donc essentiel de les garder à l’esprit le plus souvent possible et les relire de temps en temps, pour bien comprendre l’utilisation des principaux outils dans leur contexte. J'ai regroupé ceux-ci  autour de 4 pôles:

 

- Gérer et suivre notre but et  objectif après clarification, son intention profonde, l'actualiser en fonction de notre évolution.

- Accepter sa responsabilité, le pouvoir de décision dans notre esprit, le pouvoir d'opter pour une autre voie.

- Vivre en pleine conscience, en présence, dans l'attention, sans jugement et le plus souvent possible.

- Une fois passé en revue les 3 autres pôles, pardonner puis lâcher-prise, se détendre dans la confiance d'être guidé.

 

Ces outils régulièrement et conjointement pratiqués, nous conduiront à la paix d’esprit puis à l’éveil, Je développerais ces 4 pôles dans les prochains articles « introductifs et fondateurs ». Une chose est déjà sure, la pleine conscience est l’outil de base fondamentale que l’on peut utiliser dans tous les modalités de l’esprit.

 

Je vais d’abord élaborer aujourd’hui sur la définition des modalités et sur les outils utilisables en fonction de chacune d'elles. A cet effet, je propose un découpage du temps journalier en 4 modalités possibles d’état d’esprit en fonction de notre activité corps-cerveau-esprit. Bien sur, et toujours dans la perspective non-duelle, ces états sont indissociables et interagissent étroitement les uns avec les autres, car nous avons bien un seul esprit sous différents états, tout comme l’eau existe sous forme de vapeur, de liquide ou de glace. On ne peut travailler sur l’un sans conséquences sur l’autre. Mais il est utile de les distinguer pour optimiser notre action dans un premier temps. A terme, le but est d'unifier notre esprit en un seul mode de fonctionnement dit « éveillé » Dans le contexte de cette classification, le mot veille est à prendre dans son sens classique et littéral (non endormi).

 

  1. Mode sommeil-rêve (passer de l’inconscience à la semi-conscience)

  2. Mode veille contraint (passer de l’automatisme à la pleine conscience)

  3. Mode veille libre (passer du passif au constructif)

  4. Mode veille défi (passer du réactif au proactif)

 

1- Le mode sommeil-rêve est évidement le plus facile à identifier par défaut, il semble nous échapper complètement mais cela ne signifie pas qu’il ne s’y passe rien. Grâce notre activité onirique (phase de sommeil paradoxal), nous pouvons être renseignés de l’activité inconsciente de notre esprit, de ce qui se trame en profondeur de notre psyché, sur notre manière de vivre les événements et les défis de notre vie en mode éveil, de les assimiler, les digérer. Bref, les rêves sont un moyen sans concession de nous révéler l’état de notre esprit et son degré de paix. Certes l’interprétation d’un rêve n’est pas toujours aisée et j’y reviendrais dans un autre article mais souvent l’empreinte émotionnelle qu’ils laissent est suffisamment évocatrice. Ne pas se souvenir de ses rêves est peut être l’indice d’un choix de ne pas voir certaines choses dérangeantes et perturbantes dans notre esprit. Pour ceux qui ne se souviennent de rien, la situation peut changer s’ils pratiquent la pleine conscience en mode éveil, et acceptent de voir en face leurs problématiques refoulées. L’étape suivante, c’est le rêve lucide, qui fera également l’objet d’un article dédié plus tard. Le déroulement de notre sommeil, sa qualité et sa durée dépendront donc directement de ce que nous ferons dans les autres phases. En résumé, le travail et le processus, en mode sommeil, consiste de passer d’un sommeil lourd, long, obscur, et non réparateur à un sommeil plus court, plus léger, plus onirique, plus instructif et plus réparateur. Et cela s’effectue d'abord bien sur par une action en mode éveil.

 

2- Le mode veille contraint concerne les intervalles de temps ou notre d’esprit est occupé à toutes les tâches quotidiennes répétitives et incompressibles : manger, se laver, conduire, faire les courses, le ménage, s’acquitter des corvées administratives et bien sur aller travailler. Ces activités sont effectuées la plupart du temps en monde automatique, machinal, pour ne pas dire « endormi » (pour les imprévus confrontant qui peuvent s’y glisser, se reporter au point 4). Pourtant, nous pouvons malgré tout continuer de faire ces activités avec un autre état d’esprit : la présence, la lucidité, la pleine conscience, le non jugement. Cela apporte plusieurs avantages. D’abord sur le plan formel et matériel, avec plus de précision et d’efficacité dans les gestes, plus de contrôle et de pertinence dans les paroles, plus de hauteur et d’assurance dans l’esprit. Bien sur, rester en pleine conscience est difficile et fatiguant sans entraînement, il faut commencer progressivement, par de petits intervalles qui deviendront de plus en plus longs. En résumé, le travail consiste dans ce mode éveil-ordinaire, à continuer à faire toutes ces choses (puisque nous n’avons pas « le choix »), mais les faire en plein conscience, avec du recul, de la décontraction et du respect avec notre entourage. Il s’ensuit un enchaînement plus fluide des activités, plus de facilité et de bien être, mais aussi davantage d’intuitions, de prises de conscience.

 

3- Le mode veille libre concernent les intervalles ou nous sommes libres de notre temps, une fois toutes les autres tâches « obligatoires » effectuées. Ces moments sont utilisés pour le simple repos et les loisirs (lire, regarder la TV, aller au cinéma, faire la fête, voir des amis, faire du sport, se promener…etc). Nous pouvons bien sur continuer à profiter de nos moments de loisirs, mais de préférence en pleine conscience, comme dans le mode précédent. Mais nous pouvons aussi nous réserver une partie de ce temps pour des activités culturelles et « inspirantes », toujours en pleine conscience : lectures psychologiques, philosophiques, métaphysiques ou spirituelles, méditations, stages, conférences, retraites, écriture… etc. Bien sur, toutes ces activités seront d’autant plus « efficaces » qu’elles seront concentrées dans leurs thèmes autour d’un but commun, en l’occurrence ici, l’éveil à la non-dualité et la paix de l’esprit. Car il y a une tendance répandue à se disperser d’un enseignement à un autre, dans une sorte de nomadisme intellectuel (l’auteur Gary Renard utilise l’expression « faire la queue au buffet spirituel »). Nous y reviendrons également. Dans ce mode, chacun place le curseur entre loisir pur et culture en fonction de ses capacités et son désir d’avancer plus ou moins vite sur son chemin d’éveil, sachant que les deux sont compatibles. La spiritualité peut apporter autant de plaisir qu’un loisir classique. En résumé, le job consiste ici à s’enrichir, élever sa conscience, sa sagesse, son équanimité, mais aussi apprendre à lâcher prise et juger de moins en moins, comme en mode veille contraint. Il permet aussi et surtout de se préparer aux inévitables défis qui se présentent dans notre vie (voir mode 4)

 

 

4- Le mode veille défi  concerne les moments ou surviennent des imprévus qui nous perturbent, des accidents, des attaques, des conflits, des pertes, des soucis importants et autres drames de la vie. Nous sommes ici en mode réactif, « reptilien ». L’automatisme routinier du mode 2 fait place à une forme plus incontrôlable d’automatisme, ou s’invite l’émotionnel, le stress, la peur, la colère et toutes ces émotions négatives qui nous font souffrir. C’est le mode le plus difficile à gérer, celui ou nous oublions instantanément tout ce que nous avons cru apprendre, nos bonnes résolutions, notre prétendue attitude spirituelle ou nos belles paroles. Il existe des outils pour traverser ces moments, mais notre capacité de les utiliser dépendra de tout le travail que nous aurons fait en amont, dans les modes précités. Et de notre capacité à « bien » les gérer nous indiquera sans ambiguité notre évolution réelle, contrairement aux autres modes ou il est toujours possible de faire illusion et bonne figure. Ce mode, le plus « subi » est le plus désagréable à vivre, mais c’est aussi celui qui présente les plus grande opportunités de croissance spirituelle, à condition d’avoir commencé à cultiver son jardin, dans les autres modes. Une fois de plus, tout est lié. Nous aurons l’occasion de revenir en détail sur ce mode quand nous expliquerons le principal outil préconisé : le pardon non-duel. En résumé, grâce à sa pratique, nous connaîtrons de plus en plus rarement le mode éveil défi tout en sachant de mieux en mieux le traverser.

 

Alain - Octobre 2017



30/09/2017
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