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Mes articles divers

Tous mes articles en lien plus ou moins étroit avec la philosophie non-duelle. Analyses, points de vue, synthèses, témoignages, recherches...


The power of (s)now

 

La neige exerce un irrésistible pouvoir de fascination sur les enfants , mais aussi sur tous les adultes qui ont su garder leur âme d’enfant. Cette attraction peut s’expliquer de mille façons compte tenu de la nature ambivalente et protéiforme de l'or blanc, qui varie aussi en fonction des époques et du contexte. Il demeure toutefois quelque chose d’irrationnel et d’inexplicable dans notre rapport à la neige. Chacun lui trouve quelque chose de merveilleux ou de terrifiant selon les circonstances, selon qu’elle évoque un joyeux Noel ou bien une situation hivernale qui tourne mal. Le poète se laisse inspirer par les flocons qui virvoltent derrière les vitres de sa fenêtre, alors que l’écorché vif n’y voit que l’évocation d’une froide solitude. Le sportif salive sur les pistes de montagne enneigées, mais le skieur malchanceux agonise enseveli sous une avalanche de poudreuse, quand le rêve blanc est devenu cauchemar de la piste noire. L’automobiliste s’amuse de ses légères glissades, mais puis s’angoisse quand il perd le contrôle de son véhicule sur les routes enneigées, dans une attitude joueuse et ambigue qui elle ne manque pas de sel. Enfin, le mystique solitaire s’arrête au milieu d’un paysage de campagne figé par le froid et sanctifié par un profond silence. Le temps suspend alors son vol pour un instant présent d’éternité qui englobe son passé et son avenir, toute sa vie et celle de l’humanité. Dans sa contemplation du grand blanc synonyme d’une virginité d’esprit retrouvé, il accepte la paix et l’innocence du moment présent, le seul « instemps » qui existe réellement : This is the power of (s)now.

 

Alain - mars 2018

 

 

 

 


28/02/2018
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Pourquoi le monde existe t-il ?

 

Votre avis m'intéresse, alors je vous propose ce petit quiz. Certes il est moins lucratif que le célèbre jeu télévisé " Qui veut gagner des millions ? "(et plus difficile car il y a 8 propositions au lieu de 4 ! ). Mais il peut être assez révélateur de notre attitude intérieure face à la spiritualité (ou son refus de la vivre). Je vous ferais part des résultats statistiques le mois prochain.

 

Il y a 1 question et 8 réponses possibles : Choisissez la proposition qui se rapproche le plus de votre pensée, de votre conviction, ou de votre interrogation, dans la liste ci-dessous. Vous pouvez éventuellement donner 2 réponses si elles vous semblent complémentaires et non contradictoires. Et si vous souhaitez élaborer plus longuement, écrivez-moi.

 

Bonne réflexion!

 

Alain

 

 

 

La question : Selon vous l'existence de notre monde, (de la vie, de l'univers,...) tel que nous le connaissons est due à : 

 

 

A) L'expulsion du jardin d'Eden après qu'Adam et Eve aient croqué la pomme de l'arbre de la connaissance, dans le monde jusqu'à idyllique crée en sept jours par un Dieu unique conformément à la génèse biblique (vision religieuse "classique")

 

B) Un choix expérimental délibéré pour que l'esprit purement abstrait et libre (notre nature originelle) s'expérimente dans la matière, pour "évoluer" à travers les individus de chair et de sang que nous sommes.

 

C) Le choix d'avoir voulu créer un monde duel à part de celui de Dieu (abstrait, non duel et parfait), sachant que cela s'avère être une erreur, mais une sans conséquence sur la véritable réalité qui existe toujours hors de ce monde illusoire : juste un rêve irréel.

 

D) Une nécessité métaphysique et dialectique inévitable pour qu'existe "quelque chose" plutot que "rien" (car "rien" peut-il "exister" si rien ni personne ne peut l'attester ? ). Concept de la respiration sans fin de l'univers.

 

E) Suite au "big bang", un enchainement accidentel de hasards et de coincidences dans un univers purement matériel, d'où a émergé l'esprit (vision scientifique "basique" et athée)

 

F) Je n'en ai pas la moindre idée et je m'en moque éperdument, je vis ma vie tout simplement sans me poser de question.

 

G) Je ne sais pas, j'aimerais le savoir mais je n'ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante à cette fascinante question.

 

 

 


31/01/2018
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Accéder au bien-être durable avec la philosohie non-duelle

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Conférence-partage le 18 novembre prochain à Nantua (01), organisée par l'association ECS (Eveil, Conscience et Soins)

 

 

Inscriptions:  Facebook  ou sur le site d'ECS.

 

Tous les problèmes que rencontre l'être humain peuvent prendre mille formes différentes: Souffrance physique ou morale, maladie ou dépression, colère, stress, solitude, honte, confusion, culpabilité, indignité...etc. Or, au delà des multiples apparences et des différentes façons dont s’exprime socio-culturellement ce mal-être, la philosophie non-duelle nous suggère de remonter à la cause unique de tous ces maux et emprunter la voie du retour vers notre bien-être originel.

 

Nous aspirons tous au bonheur, au bien-être et à la paix, mais pourquoi cela se révèle t-il si difficile ? L’humanité est allée sur la lune, elle accomplit des miracles en médecine et conçoit des ordinateurs surpuissants, mais elle peine à soigner le moindre mal-être. Notre monde exhibe ses réussites technologiques mais cache son impuissance à rendre ses habitants heureux, ou même simplement à les soulager (Il y a par exemple 10 000 suicides par an en France).

 

Le bien-être est devenu pourtant un marché tendance proliférant sous des milliers de spécialités différentes. Mais quel est le fondement de ces diverses approches et qu'en est-il de leur réelle efficacité à long terme ? Comment s'y retrouver dans la jungle des pratiques devenues hyper segmentées ? (A chaque symptôme particulier une thérapie particulière). Les spécialistes ne vont-ils pas en arriver à tout savoir sur rien ?

 

Après une clarification au sujet des principales voies existantes, je vous proposerais de considérer une approche non-duelle et holistique du bien-être dans laquelle nous devenons acteurs et responsables et non plus passifs et victimes. Une approche où toutes les dimensions fragmentées de l'être humain sont réintégrées dans une unité de sens et de cohérence. Une approche qui réhabilite le pouvoir de notre esprit, un pouvoir trop souvent cédé à d’autres.

 

Au plaisir de vous rencontrer autour de ce thème universel pour un échange en toute simplicité.

 

Alain

 


31/10/2017
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Le jugement impossible

 

Comment faire la différence entre un constat (ce que l’on voit, ce qu’on lit  ou que l'on entend) et un jugement (ce qui est bien ou mal, précieux ou sans valeur) ? Je me suis posé souvent la question, comme j’imagine la plupart de ceux qui cheminent spirituellement ou cherchent simplement à évoluer. Car bien sûr en théorie nous évitons presque tous ici de juger sachant que non seulement nous serons jugés à notre tour, mais que cela maintient en place tout un monde complet basé lui-même sur le jugement (un monde de péché, de peur, de conflit et de haine.)

 

Après réflexion, j’en suis venu à la conclusion que ni le constat ni le véritable jugement n’étaient réellement possibles. En effet, un constat se veut neutre, objectif et impartial, mais cela est impossible de la part des esprits subjectifs que nous sommes (ou croyons êtres), construits sur des valeurs, des émotions, des croyances. Le même contenu sera pris comme une attaque pour les uns, et un jugement de valeur, tandis que pour les autres il s‘agira d’une information neutre. Chacun projette sur les mots une interprétation qui lui est propre, et si nous touchons - même involontairement - le point sensible d’une personne, elle peut se sentir injustement traitée.

 

De même, tout jugement réel, parfaitement équitable, est impossible de notre part, arrogants êtres humains. Sur quels critères, à partir de quelle légitimité pourrions-nous juger une situation, nos semblables ou leurs idées ? Il faudrait pour cela connaitre tout le passé et anticiper tout l’avenir de l’univers et de quiconque le parcourant, envisager tous les tenants et aboutissants… pour se rendre compte au final qu’il n’y a rien qu’il soit possible de juger ici car tout est faux, incohérent, illusoire, arbitraire pour ce que notre esprit voit (bien peu de choses en fait). Seul Dieu pourrait juger, mais il ne le fait pas, puisqu’il nous voit tous parfaitement innocents (Je ne l’affirme pas comme une vérité mais une conviction).

 

Le seul critère raisonnable que nous pourrions peut-être adopter pour nous guider est celui de notre intention sur le fond, lorsque nous parlons, écrivons ou agissons. Exprimons-nous sincèrement un fait, une opinion, un sentiment qui nous est propre sans chercher à blesser intentionnellement, pour faire avancer le débat de façon constructive ? ou juste pour le plaisir du partage ? Ou alors cherchons-nous à faire mal, à projeter notre haine sur quelqu’un pour se venger de lui ou de ses idées ? Il est important d’être lucide, conscient, attentif, et authentique. Jésus aurait dit que l’on se nourrit de ce qui sort de notre bouche, pas de ce qui y rentre. C’est tellement vrai.

 

Même sur la forme, la façon de communiquer est aussi primordiale. Dire à quelqu’un qu’il est insensé sera bien sur moins constructif que de lui dire « Tes idées ne font pas de sens pour moi ». De toute façon, chaque parole est un préjugé disait le sage. Dès que nous ouvrons la bouche, nous sommes enclins à juger, ou du moins l’ego à travers nous car lui croit cela possible. La seule chose que nous pouvons faire si nous souhaitons nous conduire de manière bienveillante, c’est demander conseil à la guidance sage et empathique de notre cœur, et tourner 7 fois la langue dans notre bouche avant de parler. Cette guidance nous demandera d’ailleurs peut-être de ne pas parler ou ne pas répondre. On peut aussi se demander : « Si j’étais le destinataire des mots que je souhaite prononcer, comment est-ce que je réagirais ? »

 

Parfois une expression malheureuse nous échappe, et nous blessons, involontairement, cela nous arrive tous. Peu importe la cause : fatigue, manque de vigilance, problème personnel… N’y ajoutons pas l’automutilation de la culpabilité. Tout est parfait d’un certain point de vue évolutif (que nous ne comprenons pas forcément sur le moment), ce qui doit arriver arrive, ce qui ne doit pas arriver n’arrive pas. Et nous ne pouvons plus rien faire pour ce qui est déjà arrivé. Peut être que la personne blessée finira par avoir une prise de conscience qu’elle n’aurait pas obtenue avec une approche trop diplomatique. Cessons de juger le jugement, le nôtre ou celui des autres, car nous ferons alors ce que nous reprochons aux autres.

 

Il n’y a pas de « bonne attitude », mais l’attitude que nous pensons bonne à un moment donné dans un contexte donné. Faire attention ? oui mais pas trop de contrôle qui tue la spontanéité et la sincérité. Souvenons-nous que l’on ne peut pas plaire à tout le monde. Beaucoup s’y efforcent pourtant à travers une répétition de vérité toutes faites et consensuelles du genre « La guerre, ce n’est pas bien, Trump est méchant, il n’y a que l’amour, le feu ça brule, l'eau ça mouille...etc ». L’authenticité, hors de la pensée unique, demande du courage et tans pis si notre interlocuteur se sent jugé alors qu’il ne l’est pas. Sa réaction lui appartient.

 

Les nouveaux moyens de « communication » (SMS, twitter, réseaux sociaux..etc), représentent un terrain propice aux malentendus de toutes sortes. Comme tout média, ils ne sont ni bon ni mauvais en eux-même, mais le sont en fonction de l'usage que nous en faisons. L’écrit étant déjà un piètre moyen de communication, il est souvent soumis ici à la vitesse, la surabondance, le superficiel, l’instantané, le raccourci trompeur, le hors contexte, à l’interprétation hâtive… bref à la non-communication et aux malentendus au final. De plus, la plupart de ses utilisateurs se contentent de relayer des infos consensuelles dont ils ne sont pas l’auteur, se dégageant ainsi de la responsabilité de leur contenu et de leur impact.

 

Par exemple, je sais que les lignes précédentes pourront être prises pour un jugement alors qu’il ne s’agit que d’un avis, mais ou se situe la limite, sinon dans l'intention ? Chacun est dans son rôle, chacun apporte sa contribution avec la manière qu’il estime appropriée. Comme le disait le regretté Ken Wapnick, dans une perspective d’éveil, il ne nous est pas demandé de ne pas juger car cela est impossible. (dans le sens d’une interprétation) Il nous est demandé d’être conscients que nous jugeons en permanence, et que nous créons ainsi un monde de perception en conséquence. Accéder à cette lucidité soutenue nous mènera plus loin que la condamnation automatique, perpétuelle et bien-pensante du jugement. Les choses auxquelles nous résistons persisteront tandis que le jugement observé et non jugé disparaitra.

 

Alainseptembre 2017


31/08/2017
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Peur contre peur : l'échec de la politique duelle

 

« Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges » Nietzsche

 

 

Le déroulement des élections présidentielles françaises est une occasion d’expérimenter la pensée non-duelle de façon « concrète ». En effet, la politique est un exemple de dualité exacerbée dans toute sa splendeur, avec son éternel clivage gauche/droite, qui se double à présent d’une opposition souverainiste /mondialiste. L’histoire nous a montré que les extrêmes n’avaient rien apporté de très bon au monde, tant au niveau des libertés que de la qualité de vie, mais les humains sont « oublieux » d’examiner les causes qui favorisent ces extrêmes.

 

Si aujourd’hui les partis politiques dit « extrêmes » ne semblent plus être ce qu’ils étaient, c’est aussi parce qu’ils se parent d’une communication plus lisse, plus habile, et qu’ils avancent masqués. Au fond, notre système politique reste très polarisé, à l’image de l’esprit humain. Au plan macroscopique, la vie d’une nation reste donc tout aussi conflictuelle que celle d’un individu, rendant impossible l’unité et la paix sociale.

 

De nos jours, il est bien plus facile de parler ouvertement de sexe que de politique, la faute à la «  pensée unique » qui nous dicte quelles sont les opinions correctes et celles dont nous devons avoir honte. Cette pensée unique constitue elle-même une forme d’extrêmisme et s’impose par un lavage de cerveau médiatique et méthodique. Elle définit pour nous les idées politiques (et autres) que nous devons considérer comme néfastes et celles qui sont acceptables, soit-disant d’un point de vue « modéré et humaniste ».

 

Par exemple, le font national est souvent considéré comme un parti plus extrême et dangereux que le Nouveau parti anti-capitaliste, ou la ligue communiste révolutionnaire. (Qui eux bien sur pensent le contraire). Sur quels critères objectifs sont fondés ces affirmations? Soyons lucides, il en est convenu ainsi par nos dirigeants pour des raisons électorales, et cet avis est émis par des partis institutionnels agrippés à leur pouvoir, prompts à dégainer le mot « fascisme » à tort et à travers, tel le chien de Pavlov.

 

Le but est d’ancrer (encrer dirait la presse écrite !) la peur de l'inconnu et du « méchant ». Bien sur, les partis très « polarisés » à gauche ou à droite ne font pas mieux que les partis « politiquement corrects » une fois au pouvoir, et il n’y a pas de véritables solutions à court terme. Les politiciens sont à l'image de leurs électeurs, et les moutons attirent les loups, c'est la loi de la dualité. Il n'y aura pas de profond changement sans une évolution des électeurs sur leur capacité à penser par eux-mêmes.

 

Un extrême en appelle un autre, comme un miroir attire son reflet : Si le front national progresse d’année en année malgré tout ce que la classe politique autoproclamée « modérée » et les médias font pour l’empêcher, c’est parce que ces derniers ne comprennent pas, ou font semblant de ne pas comprendre certains ressorts du psychisme humain. Ainsi, des personnes dites « modérées » se conduisent souvent comme des militants de gauche immodérés et stigmatisent l’électeur du FN en le traitant de facho et de raciste. Psychologiquement parlant, ils projettent sur l’autre la haine et la peur qu’ils ne veulent pas voir en eux-mêmes. Résultat : aucun véritable débat objectif, mais des batailles de chiffres, des « vérités toutes faites » lancées comme des missiles les uns contre les autres.

 

Bien sur il y a encore quelques authentiques racistes, mais certainement pas 25 % de la population. La cause est ailleurs. A la victimisation des uns qui se sentent abandonnés dans leur sentiment d’insécurité répond le jugement des autres qui confondent humanisme (de façade) et laxisme. Dans l’extrême caricature médiatique, c’est l’Autriche pour l’un, l’autruche pour l’autre. Mais il n’y a pas plus, ni moins de haine chez l’un que chez l’autre de ces militants polarisés, leurs attitudes qui semblent opposées sont les 2 faces d’une même pièce imprimée du sceau de la peur.

 

Une règle fondamentale n’est pas comprise dans notre société : Se battre contre quelque chose, c’est le faire grandir, c’est le légitimer, lui donner de l’énergie et de l’importance. D’ailleurs, la sagesse nous dit qu’il est plus efficace de promouvoir la paix que de se battre contre la guerre. C’est précisément le contraire qui se passe en politique avec les « anti-tout », le militantisme radical qui attise les conflits et les haines. Quoi de plus extremiste qu'un antifa ? Et comme un extrême attire son équivalent opposé, nous voyons bien émerger une gauche insoumise en miroir du FN, avec d’ailleurs un programme économique comportant bien des similitudes finalement.

 

Pour reprendre mon exemple, plus on stigmatise le FN, plus il grandit. Non pas parce qu’il y a de plus en plus de racistes (leitmotiv des perroquets en mode panique), mais simplement parce qu’il y a de plus en plus de gens en souffrance qui ne sont pas écoutés et votent par protestation, par dépit, mais aussi par adhésion à une alternative qui n’a pas été encore testée, et cela finit par accumuler des bulletins dans les urnes.

 

Si nous insultons un électeur du FN (comme cela est relayé dans les médias complaisants), nous démontrons que nous ne valons pas mieux , et que derrière la belle façade égalitaire, humaniste et modérée peine à se cacher la même haine, la même intolérance, la même peur viscérale du lendemain. Bien sûr, on pourrait prendre en exemple l’autre bord comme « les insoumis » ou « les anticapitalistes » de l'extrême gauche, en souffrance notamment à cause d’une grande insécurité financière.

 

Soyons clair, cet article n’a pas pour but de condamner ou défendre le FN ou le NPA, ni aucun autre parti. Mais peut croire encore qu’une politique partisane peut sauver le pays ? Il y aurait donc une partie des français qui aurait « raison », qui aurait tout compris et l’autre partie qui aurait « tort » et n’aurait rien compris ? Cela n’est pas sérieux bien sur, mais c’est pourtant ce qu’une majorité de militants politiques croient encore : « le méchant, c'est l'autre ». C’est cet extrêmisme idéologique de tout bord que je déplore ici, cette croyance absurde qu’un pays peut vivre en paix quand les idées de 20 % de la population sont imposées aux 80 autres pour cents.

 

Au fond, c’est bien ce qui se passe avec le mode de scrutin majoritaire actuel. Ainsi cette caricature de « démocratie » est en danger car elle laisse croître dans l’ombre les vrais extrêmes sur le terreau d’une attitude schizophrène : Toujours plus de laxisme et d’impunité pour les vrais délinquants (qu’ils soient en baskets ou en cols blanc), et de moins en moins pour les citoyens honnêtes, moins d’argent, moins de liberté (y compris d’expression). Mais il en est pour une nation comme pour un être humain : Tout ce qui est réprimé et comprimé trop longtemps ressort un jour ou l’autre avec d’autant plus de violence.

 

Rêvons un peu à présent d'un président non duel : Dans la logique, en tout cas la mienne, un candidat non-duel incarné ne serait ni de gauche ni de droite, mais plutôt centriste. Disons une certaine forme de centrisme éclairée: pas un centrisme mou, de façade, tel qu’il est pratiqué actuellement, c’est-à-dire comme une accumulation de compromis bancals (et bancaires !), de rafistolages, sans colonne vertébrale, sans idéaux forts et fédérateurs, avec un leader fantôme manipulé par les lobbys financiers.

 

Un candidat non-duel dépasserait les clivages gauche/droite et prendrait les meilleures idées de part et d’autre afin que tout le monde vive décemment, ou du moins qu’il y ait le moins d’oubliés possible. Même dans les partis « non traditionnels »  ou qualifiés d’extrêmes, il y a parfois de bonnes idées, mais le militant de base est aveuglé par ses convictions, il se pince le nez en prenant un air d’horrifié. Un candidat non-duel serait pragmatique et choisirait les idées et les mesures en fonction de leur efficacité prouvée dans la vraie vie, pas en fonction de leurs couleurs politiques et de l'avis des intellectuels de salon.

 

Un candidat non-duel ne serait pas un idéologue prisonnier d’un système de pensée unique et doctrinal, il serait entouré de conseillers experts dans leurs domaines, qu’ils soient techniciens, philosophes, psychologues, historiens, économistes… mais seraient issus du terrain, du réel, de l’entreprenariat, de tous les milieux sociaux-culturels représentatifs d’une société. Ce candidat non-duel devenu président serait chargé de synthétiser les différents courants de pensée dans le plus juste compromis possible avec une vision unifiée à long terme, un projet de société préalablement soumis à référendum.

 

Par exemple, un candidat non duel serait économiquement décroissant, et éco-logique par évidence rationnelle, pas par opportunisme politique. Il utiliserait l’autorité de l’état pour rétablir un peu d’ordre et de sécurité, et pas pour racketter les automobilistes. Il favoriserait une europe fraternelle d’échanges culturels, mais pas forcément pour une europe financière bruxelloise, une europe liberticide qui ne sert qu’une élite et impose toujours plus de normes, de contraintes au citoyen lambda.

 

Globalement, un candidat non-duel chercherait à élever le niveau de ses concitoyens avec une véritable éducation de la pensée libre, de la discipline d’esprit, du respect mutuel et de la créativité dès le plus jeune âge, pas un formatage abrutissant destiné à produire des moutons électeurs amorphes et résignés. Un candidat non-duel penserait à son pays avant de penser à sa carrière, il n’aurait pas une vision à court terme, il aurait le courage de prendre des mesures parfois difficiles pour assurer une viabilité à long terme de son pays.

 

Bien sur, toutes les idées énumérées ici ne valent qu’une fois testées et confrontées à la réalité, et si elles emportent l’adhésion d’une population « dépolarisée ». Chaque citoyen d’une telle société aurait pris conscience que son intérêt ne diffère pas de celui de son voisin, et verra celui-ci comme un frère plutôt qu'un ennemi. Sa réflexion trouverait un équilibre entre les impératifs de la raison et ceux du cœur, entre ses exigences et celui de son voisin. Ne désespérons pas, nous aurons sans doute un jour un candidat non-duel aux élections présidentielles… quand il y aura suffisamment d’électeurs non-duels, c'est à dire dans quelques milliers d’années.

 

Alain

 

1er mai 2017

 


 


30/04/2017
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