INTEGRAAL-concept

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16- Choix et responsabilité




 

La responsabilité est définie d'une manière générale comme étant l'obligation ou la nécessité morale de se porter garant de ses actions ou de celle des autres. C'est répondre de ses actes à la fois dans leur énoncés, leur déroulement et répondre des éventuelles sanctions qui découleraient d'un résultat différent de celui attendu. Cette définition très large est sujette à toutes les variantes et interprétations, et donc à tous les malentendus, surtout lorsque l'on sort du domaine socio-professionnel. De quoi sommes-nous précisément responsables dans notre vie intime, et plus encore dans celle des autres ? L'être humain a tendance à se considérer responsable de ses actes les plus “nobles”, mais à se dédouaner de ses actions les “moins glorieuses”. On se souvient tous de la fameuse expression « responsable mais pas coupable », ambigue à souhait.

 

Dans le domaine qui nous intéresse ici, celui de la philosophie non-duelle, nous allons proposer une définition différente et plus subtile de la responsabilité, qui correspond mieux aux multiples dimensions de notre existence et de notre être. Dans notre conscience ordinaire habituelle, nous pensons être responsables de ce que nous pouvons “maitriser” dans notre vie (le choix de notre travail, de notre conjoint, de nos amis, de nos loisirs..) et victimes de ce qui nous échappe, y compris dans les domaines pré-cités. C'est l'ignorance de qui nous sommes et la peur de le découvrir qui engendre une telle confusion. De quoi nous sommes-nous vraiment individuellement responsables ? Autrement dit sur quoi pouvons-nous vraiment agir ?

 

En réalité (voir notamment dans ce blog les articles d'un Cours en conscience au sujet du libre arbitre), nous ne maitrisons absolument rien de ce qui arrive au niveau de la forme. Depuis notre conscience ordinaire, nous ne faisons qu'assister au déroulement d'un scénario de vie déjà écrit. Cela peut sembler acceptable pour ceux qui ne croient pas au pur hasard, face aux événements subis et imprévus (notion de destin). Or même pour les choses que nous désirons et que nous obtenons, cela arrive seulement parce que le scénario de notre vie le prévoyait. Pour le dire simplement : Ce qui doit arriver arrive, ce qui ne doit pas arriver n'arrive jamais, quelque soit l'énergie déployée pour le faire advenir. C'est en tout cas la vision de la non-dualité radicale.

 

Une telle vision de la vie engendre beaucoup de résistance et de peur de la part notre ego attaché à son prétendu « libre-arbitre ». Elle peut même s'avérer déprimante si l'on s'en tient à ce postulat sans aller plus loin dans l'approche non-duelle de la responsabilité. Or celle-ci n'est pas simple à entendre car elle résulte d'un cheminement, d'un questionnement et d'un processus, pour celui par exemple qui s'est donné comme but l'éveil et le bien-être. (Cf. article précédent sur le but). Ces notions complexes de responsabilité-liberté-prédestination seront développées plus largement dans un article spécifique. Mais pour ne pas alourdir le propos d'aujourd'hui, nous allons synthétiser ce qui ressort concrètement de l'approche non-duelle en matière de choix et de libre-arbitre.

 

Concernant le scénario global de notre vie, et même de chacune de nos vies, de la naissance à la mort, nous avons bien une responsabilité, au niveau de l'esprit, mais à un étage métaphysique supérieur qui nous est inconscient, caché, et auquel nous n'avons pas accès depuis notre conscience ordinaire. Il y a bien des alternatives que nous pouvons choisir mais elle sont limitées en nombre dans le cadre restreint du scénario global d'une vie, dicté par l'ego. Ken Wapnick, enseignant d'un Cours en miracles appelle ce scénario est ses variantes possibles LE SCRIPT. Il y a un panel de possibilités qui s'intercalent entre des passages obligés et incontournables de notre vie, et destinées à nous faire croire que nous sommes libres. Dans ce cas, pourquoi chercher notre réelle liberté si nous nous contentons de ce substitut ?

 

Nous n'avons donc qu'une liberté d'action très relative et restreinte, et ne concernant que certains aspects généralement mineurs de notre vie. C'est le terrain d'action du développement personnel qui oeuvre à l'intérieur de cette marge de manoeuvre, avec beaucoup de travail demandé et des résultats souvent limités. Quand il y a guérison ou évolution spectaculaire, c'est qu'elle était prévue au moins en grande partie dans le script de vie de la personne. En effet il s'agit ici d'améliorer ce que nous sommes et non le dépasser. Evidemment il n'y a rien de mal à travailler sur soi pour se fortifier psychologiquement, et comme expliqué dans mes précédents articles, cela constitue un bon préalable, un tremplin pour la spiritualité non-duelle. Il est en particulier utile de travailler sur ses croyances limitantes, pas forcément pour attirer l'abondance matérielle, mais l'abondance spirituelle dans laquelle elle est inclus. ”Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroix” disait le Maître.

 

Si nos choix formels sont donc très limités, il nous reste en revanche une liberté qui est cette fois-ci spirituelle et réelle, la liberté de choisir notre attitude d'esprit par rapports aux événements de la vie: Sommes-nous dans la résistance, la révolte, la colère, la rancoeur, le sentiment d'injustice, ou encore la résignation et le dégout ? Dans ce cas, notre script de vie va “patiner” et nous présenter à nouveau le même type d'expérience jusqu'à que nous les dépassions (en piochant dans le panel d'événements possibles prévus au script). C'est l'attitude humaine la plus courante aujourd'hui. Cela correspondant à la loi psychologique universelle “Ce à quoi on résiste persiste”. Il est difficile de sortir de ce sillon creusé par l'habitude (nos réactions) et bien sur cet état d'esprit de non-acceptation fait perdurer inutilement la souffrance.

 

il y a donc une autre alternative que propose la philosophie non-duelle à la réaction de rejet et qui est celle de la vision de l'esprit juste, ou esprit sain(t). En effet, tout ce que nous voyons est issu de la projection de ce qu'il y a dans notre esprit (« la projection fait perception dit UCM ») . Accueillir et accepter sans jugement ce que nous voyons comme étant une partie de nous-même permet de l'intégrer, le pardonner, le dépasser et enfin en lâcher-prise comme nous le développerons dans le 4ème et dernier axe de la boussole du bien-être : pardon et lâcher-prise. Ainsi, notre responsabilité nous demande de choisir, en pleine conscience (un autre axe de la boussole) à chaque instant la guerre ou la paix, l'attaque ou la confiance. En ce sens, notre vie est notre salle de classe, elle nous présente tout ce dont nous avons besoin de guérir. Inutile de s'enfermer dans un ashram (sauf bien sur si cela est prévu à notre script !)

 

Cette pratique du choix éclairé qui est un véritable pouvoir apporte d'abord des bénéfices immédiats en matière de bien-être. Et surtout, si elle ne modifie pas en profondeur ou ne supprime l'ensemble de notre script de vie, elle va l'alléger et le raccourcir (en enlever tous les segments devenus inutiles), nous évitant de mauvaises expériences qui n'ont plus lieu de se représenter car elles auront été comprises, pardonnées et dépassées. Il s'agit à terme d'hâter notre voyage vers la libération des cycles d'incarnation pour accéder à notre état de pur esprit libre, paisible et joyeux. Nous ne pouvons effectuer seul ce processus d'accélération (avec notre esprit de veille ordinaire), mais nous pouvons aider notre esprit supérieur (ou tout autre figure transcendante en laquelle nous croyons) à nous aider, à agir au niveau qui nous est provisoirement inaccessible. Le gain en terme de temps incarné est inestimable: des années pour chaque vie, et des vies entières au bout du compte.

 

D'un point de vue pratique, l'attitude responsable non-duelle consiste donc à accueillir, « accepter » (dans le sens ne pas nier) tout ce qui arrive, même si cela a été décidé à un niveau dont nous nous sommes coupés à cause de la fameuse “erreur originelle” (Revoir à ce sujet l'article de fond N°7 : “Introduction à la métaphysique non-duelle”). En acceptant cette responsabilité, nous pouvons faire le choix de pardonner (au sens non-duel qui sera défini dans le 4ème axe) l'expérience d'un événement en tant que simple expérimentation irréelle sans conséquence sur notre état originel. (contrairement au mythe de la religion Chrétienne de la la trahison de Dieu).

 

Le point essentiel de cet axe de responsabilité, joint aux autres axes (pleine conscience, focalisation sur le but, pardon non-duel) est donc de se souvenir que nous choisissons à chaque instant notre attitude intérieure face à la vie. Le préalable est bien sur d'accepter que nous avons ce pouvoir de choix en esprit, et accepter l'idée que c'est le seul choix signifiant et ayant un effet, celui qui nous libère vraiment de notre condition grâce à l'étape suivante du pardon. Les autres choix faits au niveau de la forme sont illusoires et nous maintiendront toujours dans le monde de la forme et de la dualité, sans véritable paix possible. Comme le dit Gary Renard, dans “Et l'univers disparaitra”, c'est “comme déplacer les meubles dans une maison en feu”.

 

Alain – Janvier 2018



31/12/2017
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