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17- Du pardon religieux au pardon laïque


Nous abordons aujourd’hui le 3ème axe de la boussole du bien-être, l’axe qui contient l’outil « actif » de notre guérison : le pardon authentique. Un sujet riche décliné en 2 parties. Dans un 1er article nous évoquerons d’une forme de pardon qui prend ses distances avec le pardon traditionnel religieux, en particulier « chrétien » et constitue un progrès certain. Puis dans un 2ème article, le mois prochain nous expliquerons le fondement du pardon non-duel selon un Cours en miracle, qui libère vraiment en profondeur. Pourquoi pardonner ? Tout simplement pour s'éveiller, et parce que celui qui ne pardonne pas est anxieux, impuissant, craintif, perturbé. Il est rempli de peur, de tristesse et de colère. Son estomac se noue, sa pression monte et tout ceci injecte du poison dans son organisme et le rend malade.

 

 

La tradition judéo-chrétienne repose sur la certitude que le « péché » est réel et qu’il doit être « expié » (exiger une peine). Le préjudice subît par une « victime » appelle logiquement un châtiment à l’encontre « du bourreau ». Ici, le pardon postule alors que « l’agresseur » est épargné du châtiment qui lui était normalement promis, quelque-soit la gravité des actes commis. Or, ce faux pardon rend le péché réel pour ensuite tenter de le pardonner, et ce paradoxe vient heurter le bon sens. Si le péché est réel, la blessure infligée l’est tout autant et maintient le fait que le pardon n’est pas vraiment possible. Pardonner à une personne mais sans oublier qu’elle a commis un péché ne fait que rendre réelle son erreur. Ainsi, le pardon chrétien ne voit que la culpabilité et sélectionne toutes les « mauvaises » actions tout en passant sur celles qui sont dignes d’amour.

 

Dans le pardon chrétien, ou « faux pardon », ce sont seulement nos propres péchés que nous voyons en l’autre. Nous souhaitons les voir chez lui plutôt qu’en nous, conformément à notre réflexe de projeter la culpabilité. Ainsi, c’est toujours l’autre qui est « mauvais » et qui nous blesse par ses « péchés », nous « pauvres victimes ». Mais nous n’avons pas forcément conscience d’une telle disposition d’esprit, c'est même rarement le cas. Nous sommes alors esclaves « des autres » qui décident selon leurs actions, de notre destin, de nos ressentis, de notre espoir ou notre désespoir. Dans un monde de faux pardon parrainé par l’ego, nous n’avons aucune liberté, sauf celle que les autres veulent bien nous laisser. Un tel pardon centré sur l’autre personne ne fonctionne donc jamais, conformément au souhait de l’ego. Il ne fait que juger et renforcer le cycle « attaque-défense » (déni et projection de la culpabilité).

 

Le faux pardon n’apporte donc au mieux qu’un soulagement temporaire et superficiel à celui qui en bénéficie, et un sentiment de « grandeur » tout aussi fallacieux et fragile à celui qui le donne. Il ne fonctionne pas à long terme car il garde intacte la culpabilité à la fois consciente et inconsciente du pardonné. Celui-ci reste plus que jamais un « pêcheur » dont le fardeau de la culpabilité s’alourdit à chaque « pardon » qui la met en évidence au lieu de l’abolir. De surcroix, il renforce l’inégalité et la dualité entre les êtres en soulignant la fracture entre la « grandeur d’âme » de celui qui pardonne et la « pauvreté d’âme » du pêcheur « pardonné ». Le pardon chrétien passe sur la faute mais ne l’oublie pas. Et le châtiment potentiel reste en suspend sur la tête du coupable comme une épée de Damoclès.

 

Depuis quelques décennies, des intellectuels, philosophes ou psychologues ont découvert les vertus d’un pardon plus « laïque » qui a pris un peu de distance par rapport à l’église chrétienne. Ils se sont rendu compte que la pratique du pardon laîque améliorait l’état psychologique et apportait un mieux être émotionnel. Il contribue à atténuer la haine, les ressentiments et les rancoeurs dont les effets psychosomatiques ne sont plus à prouver. A contrario, il ont vu cliniquement à quel point celui qui ne pardonne pas reste en enfer avec celui qui n’est pas pardonné. Celui qui pardonne, ou en tout cas exprime la volonté sincère de le faire, expérimente un vrai soulagement, il vit mieux et plus longtemps en bonne santé.

 

Le pardon laique a été adopté ces dernières décennies par le milieu du développement personnel et bien sûr par les mouvements de spiritualité « new-age ». C'est logique, Il constitue selon moi un réel progrès par rapport au pardon chrétien dans la mesure ou il abolie la notion de « pêché » et cette façon de voir l’homme comme intrinsèquement mauvais à l’intérieur. Ce pardon plus empirique qui n’est plus dicté par la norme religieuse est plus directement inspiré par un besoin de notre âme, lassée de perpétuer le cycle du ressentiment. Son efficacité n’est toutefois pas garantie et dépend directement de notre sincérité, de notre bonne volonté à voir une situation sous un autre angle, avec plus de recul et de sagesse.

 

Avant que je ne m'exerce au pardon non-duel, j’ai utilisée quelque fois une technique assez efficace basée en partie sur la notion de modèle du monde, elle-même issue de la PNL. Lorsque je me sentais offensée, je me posais ces questions : « Est-ce que la personne qui t’a fait ceci ou cela avait-elle vraiment le choix au moment précis de son action ? », « Avait-elle une envie délibérée de te nuire », « Si j’avais vécu la même vie, les mêmes joies, les mêmes peines, les mêmes drames, serais-je en capacité d’agir différemment qu’il ne l’a fait lui-même ? » (Agir au sens large : être, faire, penser, croire), « Est-ce que je m’accuserais moi-même de faire ce que je reproche à l’autre ?" , " N’ai-je point déjà agit de la sorte en d’autres circonstances similaires ? »    

 

Une approche du Pardon basée sur la connaissance de soi (et donc des autres) constitue une bonne transition vers le pardon purement non-duel. Il s’agit de voir nos projections, une reconnaissance qui sera d’ailleurs l’un des ingrédients du pardon non-duel : Pour résumer: Ce qui me dérange chez l’autre, ce qui suscite une émotion, représente quelque chose que je refuse de voir en moi (déni). Ainsi, plutôt que de le condamner, je devrais même remercier mon « bourreau » de me montrer que j'ai certainement adopté la même attitude  dans le passé (y compris dans mes "vies antérieures") dans des circonstances semblables. Une attitude que j'ai oublié, refoulée car elle était dérangeante pour mon estime personnelle. Se réapproprier ses projections permet de reprendre sa responsabilité de décideur (comme expliqué dans le précédent article « choix et responsabilité »).

 

Bien sur, toutes ces approches basées sur nos mécanismes psychologiques nous demandent une introspection honnête et une volonté de s’exercer régulièrement car il est difficile de changer nos habitudes, nos réactions profondément ancrées dans notre psychisme. Pour cette raison nous pouvons utiliser la boussole de l’éveil pour nous soutenir dans notre pratique du pardon, à travers la pleine conscience, le choix, la responsabilité, le rappel de notre but sous-jacent à nos pardons. Un des aspects important de cette boussole est le lâcher-prise lorsque l’on fait la part des choses entre ce qui est en notre pouvoir, et ce qui ne l’est pas (comme le script).

 

On pourrait considérer le pardon laïque comme un tremplin vers le pardon non-duel, une façon de se débarrasser de notre ancienne façon de considérer Dieu, voir de l’oublier, afin de le rencontrer à nouveau par soi-même au lieu de le faire par l’intermédiaire douteux de la religion. Le pardon laïque reconnait que nous partageons tous la même nature humaine (ego générique), et que chacun fait de son mieux en fonction des ressources dont il dispose à un moment donné de sa vie. Comme le disait le regretté Ken Wapnick : "Soyez aimables les uns avec les autres car chacune des personnes que vous voyez livre une difficile bataille".

 

Alain – février 2018

A suivre : Le Pardon non-duel d'un Cours en miracle



31/01/2018
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