INTEGRAAL-concept

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18- Le pardon non-duel selon un Cours en miracles

 

 

 

Cet article sera surtout utile à ceux qui connaissent déjà un peu la philosophie non-duelle d’un Cours en miracle. En effet, il s’agit d’une non-dualité dite absolue (ou pure ) qui se différencie de la plupart des autres enseignements qualifiés de « duels ou semi non-duels ». Il est très important de comprendre son système de pensée radical si nous voulons bien comprendre en quoi consiste le pardon non-duel, ou pardon quantique. Car une fois assimilée la vision du Cours en miracle, sa notion du pardon en découle tout naturellement. Cela ne signifie pas que le pardon non-duel soit facile, surtout les premières années. Mais une fois comprise la vision du Cours, sa pratique riche de sens s’effectue en toute connaissance de cause des bénéfices apportés, et nous savons pourquoi il fonctionne si bien quand nous réussissons à le mettre en pratique. Et cela encourage bien sur à poursuivre sur cette voie de la paix intérieure.

 

Certains articles de ce blog (comme le N°7 : Introduction à la métaphysique non-duelle) peuvent aider à se remémorer l’arrière plan métaphysique de la non-dualité qui rend signifiant et efficace ce type de pardon. Pour ceux qui ne connaissent pas Un Cours en miracles et se sentent inspirés à le découvrir plus largement, je les invite à consulter mon précédent blog qui contient de nombreux articles de vulgarisation sur sa pensée en général, et sur le pardon en particulier. La pratique du pardon tient en une phrase : « Ce que je crois que tu m’a fait ne s’est pas réellement passé, je me le suis fait à moi-même et je n’ai que moi-même à pardonner. Nous sommes tous innocents ». Mais avant de comprendre le sens profond de cette phrase et surtout l’appliquer, il faut en passer par des années d’étude et de pratique (et cela ne plaît pas tout le monde !).

 

Ci-dessous, j’édite dans son intégralité le chapitre 28 du livre « L’esprit d’un cours en miracle », chapitre qui est consacré au pardon. Ce livre que j’ai écrit en 2012 est très directement inspiré des écrits de Ken WAPNICK, qui reste selon moi le plus grand enseignant du Cours en miracles. Mon précédent blog contient de nombreux autres écrits sur le pardon, issus directement du Cours en miracles, ou d’auteurs qui en respectent le sens et la vision.

 

Alain

 

 

Distinguer le vrai pardon du faux pardon

 

Le pardon représente le coeur de l’enseignement du Cours en Miracles et permet la mise en pratique des idées développées dans son cursus. Ainsi, il ne peut être compris que dans le cadre de son fondement métaphysique non-duel. Sans cet arrière-plan, le pardon perdra de sa signification et ne pourra pas être clairement différencié du pardon chrétien traditionnel, le « faux pardon ». Tous les précédents chapitres avaient justement pour but de préparer l’esprit à envisager une autre manière complètement unique de pratiquer le pardon. Cette nouvelle approche est seulement possible si nous parvenons à comprendre quelles en sont les bases. Certes, le pardon authentique n’est pas la seule façon d’atteindre Dieu, mais il complète parfaitement d’autres pratiques que sont l’invitation du St-Esprit dans notre vie et à la prière (voir chapitre 30). Dans le fascicule « Le Chant de la prière », vers la fin du livre, Jésus indique que le pardon donne des ailes à la prière, étant son allié indispensable dans l’ascension de l’échelle qui conduit au Salut.

 

Pour comprendre le pardon tel qu’il est enseigné dans le Cours, il est nécessaire de faire un retour sur le fonctionnement du pardon traditionnel pour voir le contraste. Jésus l’appelle le « faux pardon », ou encore « le pardon pour détruire ». Dans la tradition judéo-chrétienne, le pardon repose sur notre certitude que le péché est réel et qu’il doit être « expié » pour être pardonné. Le préjudice subît par une « victime » appelle logiquement un châtiment à l’encontre « du bourreau ». Le faux pardon postule que « l’agresseur » est épargné du châtiment qui lui était normalement promis, quelque-soit la gravité des actes commis. Or, il rend le péché réel pour ensuite tenter de le pardonner, et ce paradoxe vient heurter notre raison. Si le péché est réel, la blessure infligée l’est tout autant et maintient le fait que le pardon n’est pas possible. Pardonner à une personne mais sans oublier qu’elle a commis un péché ne fait que rendre réelle son erreur. Ainsi, le pardon pour détruire ne voit que l’erreur et sélectionne toutes les « mauvaises » actions tout en passant sur celles qui sont dignes d’amour.

 

Tant que nous ne serons pas au moins partiellement guéris, nous ne pourrons pas pratiquer le vrai pardon. Or, c’est en pardonnant que nous serons totalement guéris, d’où l’ampleur de notre tâche. Dans le faux pardon, ce sont seulement nos propres péchés que nous voyons en l’autre. Nous souhaitons les voir chez lui plutôt qu’en nous, conformément à notre réflexe de projeter la culpabilité. Ainsi, c’est toujours l’autre qui est « mauvais » et qui nous blesse par ses « péchés », même si nous n’avons pas forcément conscience d’une telle disposition d’esprit. Nous sommes alors esclaves des autres qui décident selon leurs actions, de notre destin, de nos ressentis, de notre espoir ou notre désespoir. Dans un monde de faux pardon parrainé par l’ego, nous n’avons aucune liberté, sauf celle que les autres veulent bien nous laisser. Un tel pardon centré sur l’autre personne ne fonctionne donc jamais, conformément à la désormais célèbre promesse de l’ego : « Cherche mais ne trouve pas ». Il ne fait que juger et donc renforcer le cycle « attaque-défense » dont nous avons déjà parlé.

 

Le pardon avec le St-Esprit

 

Le Cours nous propose donc d’apprendre le vrai pardon qui s’oppose en tous points au pardon pour détruire. Résumé en une phrase, il dit simplement qu’il n’y a rien à pardonner parce rien n’est jamais arrivé qui nécessite le pardon. Autrement dit, nous reconnaissons que ce que nous pensions que notre frère nous a fait ne s’est pas produit. C’est nous qui nous le sommes fait, puisque nous sommes les seuls responsables de notre script de vie et que nous sommes donc seuls à pouvoir nous priver de la paix de Dieu. Alors, nous pardonnons aux autres ce qu’ils ne nous ont pas fait, et non ce qu’ils nous ont fait. En fait, c’est le St-Esprit qui pardonne dans un esprit de miracle et son pardon est seulement une correction qui ne comporte aucun jugement. Il consiste à regarder au-delà de l’erreur dès le départ, la laissant ainsi être irréelle pour nous. Ce qui n’a pas d’effet n’existe pas et les effets de nos erreurs sont inexistants. Le véritable pardon, également appelé « pardon pour le Salut », est calme et ne fait rien, il regarde simplement, attend et ne juge pas.

 

Même si nous avons été convaincus intellectuellement de tout ce qui a été énoncé dans les précédents chapitres de ce livre  (NDLR: "l'Esprit d'un Cours en miracles"), notre résistance sera grande pour admettre une telle définition. Heureusement, le St-Esprit tient compte de notre peur de l’unité et notre attachement à la particularité, qui freinent notre pratique du vrai pardon. Nous devons avancer étape par étape, tout en douceur, dans le cadre d’un processus progressif, afin d’éviter davantage de peur. En premier lieu, nous devons nous souvenir que la pensée originelle de séparation est à l’origine de notre besoin de pardon. Ainsi, c’est à nous même que nous devons pardonner car un seul esprit a commis non pas le péché, mais l’erreur originelle. Rappelons-nous encore une fois que tous nos sentiments de colère et de victimisation sont des projections de notre propre culpabilité inconsciente. Nous pensons avoir trahi Dieu et voyons ce péché en l’autre, ce qui nous empêchait de pardonner. Ainsi, le Cours nous demande de voir plus loin que l’attaque comportementale perçue et de remonter à son origine dans l’esprit.

 

Cela ne signifie pas que nous devons nier ce que voient nos yeux ou ce qu’entendent nos oreilles, mais cela signifie que nous devons apprendre à donner une interprétation différente à chaque situation « d’attaque ». A l’instar du deuxième accord Toltèque, il nous est demandé de ne rien prendre personnellement. Pardonner depuis l’esprit juste n’empêche pas toutefois des actions correctives dans la forme si cela est nécessaire. Ainsi, si nous sommes agressé par une personne et que nous n’avons pas atteint le niveau de pardon de Jésus, il est admis et même conseillé de se défendre. Mais au niveau de l’esprit, nous devenons conscients que cette attaque est issue d’une profonde terreur dans l’esprit de cette personne qui a fait un mauvais choix. Nous voyons alors le pardon comme la réponse saine et naturelle face à la détresse qui repose sur l’erreur et appelle ainsi à l’aide. En fait, nous ne sommes jamais en colère contre les autres à cause de ce qu’ils nous ont fait, mais parce qu’ils nous rappellent notre propre autoaccusation secrète. Nous devons donc changer d’interprétation pour que notre réaction de victime se transforme en vrai pardon. Nous avons aussi besoin de nous pardonner nous même de notre fausse perception.

 

Le processus du vrai pardon

 

Sur un plan pratique, le processus du vrai pardon se déroule en trois temps selon Ken Wapnick. La première étape est certainement la plus difficile car elle nous demande d’admettre que nous avons tort dans notre évaluation. Il semble que le monde soit vraiment rempli d’injustices et donc de victimes et de bourreaux. Pourtant, il doit exister une autre façon de regarder les autres, surtout ceux qui semblent nous blesser, puisque le pardon « traditionnel » ne nous rend pas heureux. Or, si nous sommes honnêtes avec nous même, nous verrons que nous attaquons et jugeons chez l’autre ce que nous avons d’abord condamné en nous-mêmes. Nous voyons également que nous avons décidé de projeter notre colère sur l’autre pour ne pas voir notre propre culpabilité intérieure. Cette première étape consiste donc à reprendre la responsabilité de nos projections et de ses effets. Ce qui est nié ne peut pas être pardonné. Nous devons absolument réaliser que nous sommes assis sur une montagne de culpabilité, source de toutes les souffrances, conflits et victimisations dans le monde.

 

Dans la deuxième étape, nous devons comprendre que la culpabilité est une décision prise par habitude, pas un fait objectif. Au lieu de nous identifier au système de pensée de l’ego, nous pouvons choisir cette fois de nous identifier au système de pensé du St-Esprit, celui de la non-culpabilité. Nous demandons alors une nouvelle perception de la situation et décidons d’autoriser le St-Esprit à effectuer son travail de guérison dans notre esprit. Cette invitation au changement est l’acceptation de céder le pas, car ce à quoi on résiste persiste.

 

Enfin, dans la troisième étape, pour laquelle nous ne sommes pas en charge, le St-Esprit peut dissoudre notre culpabilité parce que nous y avons préalablement retiré notre investissement. Et il suffit que cette culpabilité disparaisse un instant pour que nous soyons complètement identifiés à l’amour. Il est alors impossible de prendre quoi que ce soit de façon personnelle. Mais encore une fois, pardonner ne signifie pas approuver la cruauté de l’autre et ne pas prendre des mesures concrètes. Pardonner signifie ne pas condamner la personne elle-même.

 

Les effets du pardon sont donc immédiats la plupart du temps et notre réponse à n’importe quelle attaque, trahison, abandon ou humiliation sera toujours la même. Les modalités peuvent varier dans la forme mais dans le fond, c’est toujours l’amour qui nous anime à travers le vrai pardon. Nous sommes alors bienveillants et compatissants, doux et paisibles. Toutes nos rancoeurs ont disparu puisque nous ne tenons plus personne responsable de nos malheurs. Dans la durée, le processus répété du pardon nous rappelle de plus en plus clairement qui nous sommes réellement (un pur esprit unifié) et nous permet d’oublier l’illusion que nous puissions être autre chose (un corps séparé des autres). Celui qui offre le pardon est guéri et sa guérison constitue la preuve qu’il a pardonné. Celui à qui l’on pardonne est rendu libre et nous partageons ce don avec lui. Le pardon transforme alors notre vision pour nous montrer le monde réel, joyeuse salle d’attente du Ciel. Le Cours l’exprime poétiquement : La plus petite feuille d’un arbre devient une chose merveilleuse et le moindre brin d’herbe un signe de la perfection de Dieu.

 

Le pardon est notre seule fonction

 

Notre culpabilité inconsciente étant énorme, il n’est pas possible de tout pardonner en une seule fois par une décision unique. Il s’agit d’un processus graduel jusqu’à que nous soyons prêts à lâcher notre identité d’ego. De plus, il existe une grande résistance à le pratiquer car au fond, il ne concerne qu’un seul esprit : le nôtre. Ainsi, quelque-soit le nombre de personnes impliquées dans un processus de pardon, nous avons tous le même besoin d’être délivrés de notre culpabilité qui n’est pas plus réel chez l’autre que chez nous. Or, tant que nous restons identifiés à l’ego, nous avons peur et résistons à entendre la version du St-Esprit. Nous trouvons pleinement justifié d’être en colère parce que notre aveuglement nous maintient dans la victimisation. Pourtant, cette colère peut devenir le signal nous alertant sur l’existence d’une sombre tâche de rancoeur et de culpabilité dans notre esprit. Nous pouvons alors demander l’aide de notre guide, Jésus ou le St-Esprit, pour initier le processus du pardon. C’est notre seule fonction réelle dans ce monde.

 

En effet, dans le cursus du Cours, notre unique rôle est de pardonner. C’est la réponse du St-Esprit à notre particularité : notre fonction particulière destiné à compléter le plan du Salut depuis notre point de vue encore séparé. Comme nous le soulignerons dans le dernier chapitre, c’est la pratique régulière qui rend signifiant et efficient le processus du Pardon en vue de la guérison. Ainsi, même s’il est important de comprendre au mieux l’arrière-plan métaphysique dans lequel il opère, il est plus important encore de cultiver notre volonté d’appliquer avec foi le pardon au quotidien. Pour cela, il faut être prêt à surveiller notre esprit pour conscientiser toutes les pensées de jugement, de colère et toutes les autres sombres émotions. Puis il faut admettre le prix que nous payons pour cette négativité en termes de mal-être. Ensuite, Nous devons remettre ces pensées au St-Esprit pour la phase finale du pardon. Nous apprendrons alors que celui-ci est toujours justifié dans le monde illusoire de l’ego et inutile au Ciel ou il n’y a rien à pardonner.

 

A travers le Cours, Jésus corrige le pardon tel qu’il est enseigné par le Christianisme depuis deux mille ans. Il nous explique que nous sommes appelés à offrir le pardon là où l’attaque semble due et justifiée en apparence. En effet, l’attaque ou la contre-attaque ne sont jamais justifiés en réalité car le problème n’est jamais l’acte offensant, mais sa perception. Jésus était si avancé dans le Salut qu’il n’avait pas besoin de pardonner à ses bourreaux lors de sa crucifixion. En fait, Le message de cet épisode biblique ne concerne pas la nécessité du sacrifice. Dans cet exemple extrême, Jésus était complètement désidentifié de son corps et n’avait aucune culpabilité à projeter à l’extérieur. Il n’a donc pas perçu d’ennemis persécuteurs et n’a pas souffert. Plus globalement, Jésus a démontré que le pardon était l’expression du miracle qui voit tout le monde uni dans la Filialité de Dieu. C’est la vision du Christ qui regarde au-delà des apparences de différences et de séparation. Et nous sommes destinés à suivre son chemin.

 

Source : L’Esprit d’un Cours en Miracles inspiré des nombreux écrits de Ken Wapnick.

 



28/02/2018
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