INTEGRAAL-concept

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19 - La pleine conscience

 

Nous abordons aujourd'hui le 4ème et dernier axe de la boussole de l'éveil (ou boussole du bien-être durable selon l’usage désiré). Il faut d'abord distinguer la pleine conscience de la conscience ordinaire. En effet, la seconde est à considérer au sens physiologique et basique du terme, et s'oppose simplement au fait d'être inconscient, ou endormis. Etre en « mode veille » ne signifie pas que nous sommes attentifs et pleinement conscients de ce que nous pensons, de ce que nous disons, ou de ce que nous faisons. Par exemple, en mode conscience ordinaire, nous pouvons être complètement absorbés dans une rêverie, une discussion, un film, un concert, un sport… Nous n'avons pas de recul sur notre activité mentale, nous la subissons en nous identifiant complètement à elle.

 

Par contre, la pleine conscience nous permet « de faire un pas de coté », prendre de la hauteur, et de ne plus s'identifier complètement au contenu de notre esprit et à son expérience, mais en la vivant quand même. Par exemple, nous pouvons toujours être ému par la scène d'un film, mais nous voyons clairement notre émotion, nous la maitrisons et nous pouvons même en découvrir la cause apparente en la reliant d'abord à notre histoire personnelle, puis la cause réelle en la reliant aux principes de l’ego générique. La pleine conscience est donc un état d'être supérieur obtenu par une vigilance, une attention soutenue, une conscience complète de tout ce qui se passe dans le moment. C'est voir qui je suis, ce que je pense et ce que je fais ici et maintenant, dans la bienveillance.

 

Cette définition est assez proche de la méditation Vipassana (voir article par ailleurs) dans laquelle nous sommes observateur témoin de l'ego sans jugement ni interprétation, au-delà du mental bruyant et cacophonique, dans le silence de la pure conscience. La pleine conscience n'implique pas qu'aucune interprétation ne surgisse dans certaines situations de la vie active, mais elle implique que cette interprétation, si elle surgit, ne viendra pas de notre ego, mais d'un niveau supérieur de notre esprit. Et si suggestion éclairée il y a (guidance), elle se reconnaîtra au fait qu'elle nous amène la paix, ainsi qu’à tous les protagonistes éventuelles de la situation. (un gagnant/gagnant non duel)

 

Outre les avantages de la pleine conscience dans chaque situation particulière et concrète de notre vie, cet état d'esprit maintenu au fil du temps, des années, engendre des effets à plus long terme. S’appuyant notamment sur des connaissances éclairées, elle conduit à la déprogrammation de nos croyances, notamment sur celles qui concernent notre propre identité. Ce processus de la voie non-duelle s'appelle la « Désidentification ». Je ne suis pas Alain, je ne suis pas mon identité sociale, je ne suis même pas un corps ni un individu séparé des autres. Je suis/Nous sommes le pur esprit Un à l'origine même de la pleine conscience.

 

Dans ce grand retournement perceptif, Il faut prendre garde toutefois au piège tendu par l'ego. Il ne s'agit pas de se désidentifier de son petit moi pour s'identifier ensuite au monde qui nous entoure, « à l’univers » comme il est dit dans le new-âge. Il s'agit là d'une fausse non-dualité « matérialiste » (voir mon article introductif N°5). En effet, le monde qui nous entoure est une projection de notre esprit inconscient, un film, un rêve. S'unir à une illusion, c'est postuler que nous sommes nous-même illusion, puis y croire et cela conduit au désespoir. Et bien sûr cette union à l'univers illusoire ne peut que nous garder éloigné de la réalité. La pleine conscience permet plutôt d'enlever tout ce que nous ne sommes pas (les illusions) pour laisser apparaître ce que nous sommes vraiment.

 

Nous pourrions dire que la pleine conscience est l'outil, ou plutôt l'état d’esprit qui rend opérationnel les autres axes de la boussole en les liants de façon interactive dans un tout cohérent et unifié. En effet, une fois que nous avons déterminé le premier axe qui est LE BUT, il est nécessaire d'avoir pleinement conscience de son but et de s'en souvenir constamment. Réciproquement notre but (en l'occurrence l'éveil et le bien-être) contient l'idée d'être pleinement conscient le plus souvent possible dans l'utilisation des autres axes. Il s'agit donc d'un renforcement réciproque de notre pratique - notamment par le « rappel de soi » - à travers un cercle vertueux.

 

De même, nous ne pouvons pas être « responsable » au sens spirituel si nous ne sommes pas pleinement conscients de la signification de ce terme, et pleinement conscients des occasions ou s'exerce cette responsabilité. Cela est particulièrement vrai pour l'axe pratique de la boussole qui est le pardon non-duel. Celui-ci n'est efficace que s'il est utilisé en pleine conscience, et s 'accompagne de la « vision », celle qui nous montre clairement que la « personne » sujet du pardon est non coupable, et nous aussi. La pleine conscience alliée au savoir provoque l'expérience, et l'expérience valide le savoir en « connaissance » (au sens du Cours en miracles). La boucle est bouclée, il ne reste plus qu'à pratiquer, encore et encore…

 

Alain – avril 2018

 

Voir aussi ce mois-ci (édition spéciale pleine conscience) les autres articles en rapport direct avec ce thème important pour l'approfondir :

 

* « la pratique Mindfulness » (Un Cours en conscience)

* « l'art de la méditation » (N.Maharaj)

* « être en pleine conscience » (Osho)

* « Le rappel de soi » (zone 7)

 

 

Et des articles plus anciens de ce blog :

 

* « L'homme endormi » (Osho- 29/9/2017)

* « La marche pleine conscience » (Alain – 28/2/2017)

 

A suivre le mois prochain le dernier article fondateur : 20- Utiliser la boussole de l'éveil

 

 



31/03/2018
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