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20- Savoir que nous croyons avant de croire que nous savons

 

Avant de finaliser l’utilisation de la boussole du bien-être, il est indispensable de se pencher sur quelques notions complémentaires cruciales. Parmi elles, il y a bien sûr le sujet des croyances (à distinguer de la foi), un sujet important dans la quête de l’éveil et du bien être, et qui donne lieu à beaucoup de résistance. En effet, les croyances agissent comme des filtres mentaux qui déterminent ce que nous acceptons ou pas dans notre esprit. Et selon le système de pensée que nous adoptons, nous conduirons notre vie en conséquence, à travers des opinions, des désirs, des actes, des comportements. De plus, les croyances s’auto-entretiennent et se renforcent : ce que nous croyons, nous le voyons, et ce que nous voyons, nous le croyons davantage encore. Il est donc crucial de connaitre les croyances qui nous guident, trop souvent à notre insu ( inconsciemment), pour savoir lesquels nous voulons conserver et lesquelles nous voulons changer.

 

Par définition, croire en une chose, c’est la rendre vraie pour nous, même si ce n’est pas le cas pour les autres. Cela est flagrant pour les croyances religieuses, ou tout autre croyance non démontrable. Mais est-on capables, du point de vue de notre conscience ordinaire extrêmement limitée, de faire la part des choses entre la réalité, la vérité d’une part, et la croyance, le mensonge d’autre part ? Certainement pas, bien que beaucoup le pensent, dans leur ferme conviction qu’ils savent alors que ils ne font que croire savoir, comme nous tous êtres humains. Les rares personnes qui savent vraiment, « les maitres », ne cherchent pas à changer la croyance des autres à tout prix. Dans un premier temps, n’est-il pas plus productif de chercher à faire le tri entre les croyances limitantes et les croyances ressources ? Chacune d’elles étant le reflet de nos choix d’âmes.

 

Le piège de la croyance qui se prend pour la vérité est particulièrement visible dans les forums et réseaux sociaux, ou nous voyons évoluer parfois des redresseurs de torts, des donneurs de leçons, des guides spirituels auto-proclamés. Régulièrement, ils s’invitent dans les publications et les discussions, et au lieu d’exposer simplement leur point de vue, ils viennent vous expliquer, le torse bombé, que vous êtes dans l’erreur, que vous vous fourvoyez, que vous n’avez pas compris le sujet. Par-dessus tout, dans une incroyable arrogance, ils aiment ajouter qu’ils respectent vos croyances. Le mot est lâché. Ainsi, implicitement, ils décrètent que, si leurs opinions relèvent de la vérité, les vôtres relèvent de la croyance, et dans ce contexte, bien sûr, c'est votre croyance qui est erronée.

 

Soyons sérieux, si nous regardons les choses avec un peu de recul, de lucidité et d’humilité, nous allons nous rendre compte que notre esprit (mental ego) n’est capable QUE de croyances. C’est-à-dire qu’il fonctionne sur des postulats appris malgré lui et qu’il ne songe pas à remettre en cause, d’autant plus que la plupart sont inconscients. Par-dessus-tout, il ne peut en déterminer la réalité intrinsèque, et se borne à croire ce qu’il voit, et voir ce qu’il croit, dans un dramatique cercle vicieux. Cela revient à dire que par nous-même, il est impossible de s’affranchir de toutes nos croyances sans une aide située en dehors de notre système de pensée et de croyance. Comme le dit Un Cours en Miracles, on ne peut pas évaluer un système de croyance insane (faux) de l'intérieur. On peut seulement aller par delà et le regarder à partir d'un endroit où la santé d'esprit existe, et voir le contraste. C’est d’ailleurs une des caractéristique de l’éveil.

 

Même les certitudes les plus courantes relèvent de la croyance tant qu’elles n’ont pas été vérifiées. Par exemple, l’homme du passé croyait que la terre était plate, puis il a pensé que le soleil tournait autour de la terre, et dans son référentiel de perception limité, cela était « vrai ». Nos ancêtres croyaient également qu’on ne pourrait pas dépasser le mur du son sans exploser. Nos physiciens ont aussi cru jusqu’à il y peu de temps que l’on ne pouvait pas dépasser la vitesse de la lumière. Nous voyons donc que même dans le domaine du « physique-rationnel » , nous ne pouvons pas faire confiance en nos croyances, qui sont remises en cause à chaque fois que notre perception du monde s’affine et s’élargit. A chaque fois qu’une idée reçue est remise en cause par une nouvelle connaissance puis une nouvelle expérience, la croyance sous-jacente se transforme en une autre croyance plus subtile.

 

Alors que dire des croyances métaphysiques, des idées sur les valeurs, sur ce qui est bien ou mal, ce qui est frai ou faux, sinon qu’ils représentent un choix arbitraire de notre esprit ? Les avons-nous vraiment choisi d’ailleurs ou ne constituent-elles pas un catalogue de programmes que nous exécutons malgré-nous au fil des vies, au fil des siècles, croyant naïvement les avoir choisies parce qu’elles semblaient « bonnes » pour nous ? Pour autant, peut-on affirmer comme certains le font, que la vérité universelle n’existe pas et que chaque possède « sa vérité » ? Si l’illusion et le mensonge existent, c’est qu’il existe la réalité et la vérité, sinon, comment pourrions-nous affirmer quoi que ce soit, le faux n’est déterminable qu’en fonction de ce qui est vrai. De même, s’il existe des croyances (différences pour tous), il existe forcément une connaissance commune à tous et relative à la vérité de qui nous sommes, et de la nature réelle de l’univers. Si « tout était faux », qui pourrait garantir que cette affirmation est vraie ? et par rapport à quoi ?

 

Un bon moyen de faire le point sur ses croyances est d’utiliser l’outil PNL des niveaux logiques, dont nous avons déjà parlé. Une fois compris, ce modèle nous montre que nous avons intérêt à nous préoccuper des croyances rattachées au plus haut niveau de la pyramide. En effet, si par exemple je crois que mon comportement est juste avec mes collègues de travail, comment m’interroger sur la validité de cette croyance si je ne connais pas, aux niveaux supérieurs, mes valeurs profondes et croyances, notamment au sujet de ce que sont de « bons rapports professionnels » ? On pourrait penser que les effets de notre comportement sur les autres devrait nous alerter (approbation, opposition, réactions, fuite…) car notre conduite enseigne les croyances qui l’ont motivé, mais cela est rarement perçu. Dans les faits, nous connaissons tous des collègues de travail s’obstinant dans des attitudes dysfonctionnelles, et qui pourtant pensent avoir la « juste attitude ». Peut-être ne font-ils que répéter sans le voir, des schémas, des patterns hérités de leur lignée familiale.

 

Dans une perspective d’épanouissement spirituel, nous avons donc intérêt à nous interroger sur les croyances situées au sommet de la pyramide, celles qui concernent notre identité. Que croyons-nous être au fond ? Un corps ?, un esprit ? une identité sociale ? un personnage fictif ? une partie de Dieu ? Sommes-nous des êtres physiques faisant l’expérience de la spiritualité, ou des êtres spirituels faisant l’expérience d’être des corps physiques ? En fonction de ce que nous croyons sur qui nous sommes, nous filtrerons, en aval de la pyramide des niveaux logiques tout un système de valeurs, de pensées, d’évaluation de nos capacités et en fin de compte des comportements, qui sont les fruits par lesquels nous reconnaitrons l’arbre qui les a porté. Une fois que nous avons développé et adopté un système de pensée, nous réglons notre vie sur lui et nous l’enseignons. De tout temps les grands sages l’ont répété : « Connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les Dieux ».

 

Alain - mai 2018



30/04/2018
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