INTEGRAAL-concept

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23- La résistance à l'éveil

 

 

« Un cours en miracles n’est pas un réparateur. C’est pourquoi tant de gens le laissent tomber assez vite après l’attraction du début – et pour une bonne raison, parce que ce n’est vraiment pas ce qu’ils veulent. Ils veulent une solution rapide, une spiritualité instantanée tout comme un « high » de drogue, ils veulent un « high » de Dieu. Ce Cours ne le donne pas. Ce Cours demande beaucoup de travail pour apprendre à ne rien faire à propos de la résistance, mais seulement d’en être conscient – ça, c’est la partie difficile »

Ken Wapnick – « Mettre fin à notre évasion de l’amour ».

 

 

Je vais évoquer ici l'éveil considéré sous l'angle d'un Cours en miracles (que j'appellerais tout simplement "le Cours") car c'est celui que je connais le mieux, à défaut de le pratiquer le mieux. Je n'ai par contre aucun doute sur la profonde valeur de cet enseignement, j’en ai seulement sur mes propres capacités ! Et puisque nous allons certainement tous au même endroit finalement (car nous venons tous de cet endroit, notre source) il est probable que dans toute voie sérieuse consacrée à l'éveil, les mêmes défis, les mêmes difficultés et les mêmes retards affectent tous les apprenants. Avant d'aborder cela, il est bon de rappeler en quoi consiste cet "éveil" pour le Cours car il existe derrière ce terme fourre-tout un panel d'approches, des plus sérieuses aux plus farfelues. Rappeler ici celle du Cours nous aidera aussi à comprendre une des raisons pour lesquelles la résistance à atteindre le "graal" est si forte.

 

Pour le Cours donc (et pour faire court ! ), l'éveil se produit par la guérison complète de notre esprit lorsqu'il s'éveille du rêve de la grande projection mensongère de l'ego. Lorsque plus aucune trace de culpabilité ne subsiste (Pardon complet), nous choisissons grâce à la vision du Saint-Esprit de re-connaitre définitivement notre vraie nature innocente en Dieu, c'est à dire l'esprit unifié et illimité synonyme de paix, de joie, de liberté. L’ego est ainsi abandonné pour de bon, Il s'en suit la fin de notre "karma" et de nos illusions "d'incarnations" successives. Cela conduit l'éveillé à vivre "le rêve heureux" (être dans ce monde sans être DE ce monde), puis à quitter son corps une dernière fois pour rejoindre "la lumière de Dieu". Bien sûr, il y a de grosses variantes à cette description dans d'autres enseignements qui pour la plupart refusent d'admettre le caractère illusoire et irréel de ce monde (alors que les physiciens le font !).

 

Dieu merci, à aucun moment de ma vie, même le plus « perché », je n'ai fait l'erreur grossière de croire que j'étais éveillé. Et je ne le suis toujours pas d'ailleurs, au sens que donne le Cours à cet état qui semble si inaccessible. A chaque tentation, il me suffit de considérer ma vie et ma conduite de façon lucide, juste quelques instants, pour me ramener très vite à la raison et à l'humilité. Par contre, j'ai fait l'erreur de croire que j'avançais régulièrement sur le chemin dès le début de ma quête. J'ai fais l'erreur, pendant des années, de me croire plus avancé que je ne l'étais en réalité, en particulier sur le plan de l'application pratique des principes non-duels du Cours. Comprendre ce que dit le Cours nécessite déjà beaucoup d'années d'études, quant à l'intégrer puis l'appliquer systématiquement, c'est l'affaire d'une vie (voir plusieurs). Me concernant, cela fut bien trop irrégulier ces dix dernières années.

 

Beaucoup pensent que le chemin de l’éveil est long parce que le Cours est compliqué, obscur. S'il l'est en effet au niveau du langage, il reste relativement accessible sur le fond. Sa compréhension demande surtout, outre un désir sincère, une ouverture et un minimum de discernement d'esprit, mais pas un niveau intellectuel d'ingénieur. Il est certes très facile de se fourvoyer dans des contresens et des interprétations erronées, justement en raison d'une forme complexe, aggravée par la traduction périlleuse d'un livre au style Shakespearien. Pour donner juste un exemple, le Cours dit "qu'il n'y a pas de pensées privées". Bien des étudiants ont cru que leurs pensées appartenaient donc à tous le monde et qu'ils pouvaient ou devaient les partager sans restriction. Mais le Cours signifie par là que nos pensées ordinaires n'ont aucune réalité, précisément parce qu'elles sont privées (non partagées par l’Esprit UN). Et nos pensées réelles qui sont partagées avec l'Esprit de Dieu ne peuvent être privées par définition, c'est le sens même de la non-dualité.

 

Tant qu'il s'agit d'étudier, comprendre, apprendre (ou plutôt désapprendre), notre ego qui ne peut s'y opposer, va se joindre à nous et même en faire son affaire. Nous ne détectons pas cela les premières années car nous croyons justement être un ego qui, pensons-nous, s'enrichit, se valorise, gagne en pouvoir, en assurance, en abondance… Mais quand il s'agit d'évaluer quels sont nos gains réels en matière de paix d'esprit, de sérénité au jour le jour, nous déchantons sur la capacité de notre enseignement à vraiment nous aider. Et quand vient le temps de la pratique d’une spiritualité au quotidien, un obstacle bien plus subtil et sournois que la compréhension intellectuelle vient nous ralentir, c’est la résistance inconsciente. En psychanalyse, la résistance désigne tout ce qui vient faire obstacle au travail de processus thérapeutique de la part d'un patient et empêche l'accès de celui-ci à son inconscient (croyances, traumas, blocages..)

 

Ce qui est vrai pour tout enseignement au niveau de la résistance l'est davantage encore pour le Cours qui s'attaque au fondement même de notre aliénation: le système de penser de l'ego. Celui-ci fait donc barrage puisque, assimiler les principes du Cours reviendrait à un suicide de sa part, en laissant apparaitre toute la mascarade de ce monde insensé. Nous n'avons pas de contrôle sur l'ego qui maitrise notre pensée à la fois consciente et inconsciente. Mais l’une des spécificités du cours est de contourner le mental-ego pour ne pas exacerber sa résistance, en s'adressant à une partie neutre de notre esprit qui a du recul, et qui est appelé l'observateur, ou le décideur selon les auteurs. On comprend l'importance ici de la pleine conscience (évoqué dans un précédent article) pour intégrer le processus en jeu dans notre esprit et voir (à travers l’observateur-décideur) les véritables enjeux dans chaque situation de défi.

 

Or malgré l'infinie sagesse de Jésus qui fut le premier éveillé célèbre, et qui a dicté le Cours, le chemin est long, semé d'embuches et de découragements. A supposer que nous soyons convaincus de la vérité qu'il exprime à travers le Cours, Il semble exister deux principales raisons à ces empêchements sans fin :

1- Nous n'appliquons pas correctement ce que suggère le Cours parce que nous ne comprenons pas vraiment, au moins en partie, de ce qu’il nous dit. Nous le « ré-écrivons » à notre manière, celle de l’ego.

2- Même si nous pensons le comprendre, notre volonté et notre désir d'éveil sont encore trop faibles et ce monde nous parait encore désirable et attrayant sous certains aspects que nous ne voulons pas lâcher.

 

Ces deux raisons sont en fait intimement liées en une seule, à savoir une énorme résistance inconsciente, largement sous-estimée – pour ne pas dire ignorée - pendant très longtemps par les apprenants, et j’en fais partie. Car suivre le Cours jusqu'au bout signifie en fin de compte : Renoncer à notre individualité, notre prétendue « autonomie et libre arbitre », notre particularisme, nos relations spéciales, notre passé, nos souvenirs, nos drames, nos échecs et nos succès. Qui est vraiment prêt à retirer tout investissement dans son histoire personnelle, son identité, son nom, sa famille, son métier, ses enfants, son conjoint, ses loisirs ?. Qui est prêt à entendre que ce "renoncement", malgré les fallacieuses apparences, est en fait une libération absolue ?

 

"l'ego est tellement puissant qu'il est à l'épreuve de tout, sauf de Dieu" disait Ken Wapnick. Cela en dit long sur la motivation nécessaire à passer le cap de la résistance, en l'occurrence le cap Horn ! pour la plupart des étudiants comme moi, qui ont constaté une stagnation après des années passées en compagnie du Cours. Grâce à Ken à qui je rends hommage une fois de plus, lui qui a vaincu la résistance et rejoint les maitres en Esprit, un déclic s'est produit il y a quelques mois, me permettant de reprendre la marche en avant. Cela est arrivé en lisant l'un de ses textes que – comme par hasard – j'avais oublié depuis des années dans un des recoins de mes dossiers. J'en reproduis ci-dessous un extrait clair et précieux à mes yeux. J'espère qu'il aidera d'autres apprenants comme je l'ai été. Certes je ne fréquente plus mon médecin de puis longtemps, mais pour le reste, cela résonne bien avec mon expérience des années passées. Quand aux stratégies pour vaincre la résistance, j'y reviendrais ultérieurement lorsque je les aurais suffisamment expérimenté pour en parler. Le plus vite possible je l'espère !

 

Alain – mars 2019

 

 

«  Quand nous travaillons depuis de nombreuses années avec « Un cours en miracles » il est important de réaliser qu’une partie de nous est divisée, ce qu’on appelle dissociée en psychologie. D’un côté, nous avons entendu et lu le Cours maintes et maintes fois et ce système de pensée fait de plus en plus de sens alors que passent les mois et les années d’étude. Cependant, quelque chose de très particulier se produit. C’est comme si un mur avait été érigé à l’intérieur de nous de sorte qu’il n’a pas eu de report, de renvoi ou de signification expérientielle directe dans nos vies personnelles de ce que nous avons appris et compris. En d’autres mots, nous continuons allègrement à vivre nos vies en colère et en critiquant, nous livrant à notre particularité, tombant malades et nous rendant chez le médecin, faisant tout ce que les gens normaux font – tout comme si rien de ce que nous avions appris, étudié et juré par ce Cours n’avait eu aucun effet. C’est comme s’il y avait une partie de nous qui croit en la vérité, et une autre complètement différente qui vit nos vies quotidiennes comme corps traitant de toutes les questions avec lesquelles nos corps sont confrontés. Les deux parties semblent totalement déconnectées »   Ken Wapnick



01/03/2019
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